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    Question d'oral

    La dissuasion nucléaire a-t-elle « pacifié » les relations internationales ou simplement déplacé la violence ailleurs ?

    Réponse d'oral

    La dissuasion nucléaire a surtout déplacé la violence des relations internationales, tout en limitant le risque d’une guerre directe entre les États-Unis et l’Union soviétique pendant la guerre froide. Son principe est simple : attaquer l’autre expose à une riposte capable de détruire son propre pays. Aucun gain ne justifie un tel risque. Cet « équilibre de la terreur » favorise donc la retenue. Lors de la crise de Cuba, en octobre 1962, Kennedy et Khrouchtchev finissent par négocier plutôt que de risquer une escalade nucléaire. Mais cet épisode montre aussi combien cette stabilité reste fragile : une erreur de calcul peut avoir des conséquences catastrophiques.
    Cette prudence entre les deux Grands ne signifie pourtant pas la paix mondiale. La rivalité se poursuit dans des guerres périphériques, où ils soutiennent des camps opposés, fournissent des armes ou interviennent eux-mêmes. Au Vietnam, les États-Unis combattent directement, tandis que l’URSS et la Chine soutiennent le Nord. En Afghanistan, à partir de 1979, l’armée soviétique intervient contre des combattants dont certains reçoivent une aide américaine. Ces conflits ont cependant leurs causes locales : décolonisation, luttes politiques ou tensions sociales. Ils ne sont pas de simples affrontements commandés depuis Washington et Moscou.
    La dissuasion a donc contribué à une paix limitée, surtout entre puissances nucléaires, sans supprimer la violence internationale. Elle n’explique d’ailleurs pas seule leur retenue : la diplomatie et le souvenir des guerres mondiales comptent aussi. Reste à savoir si une paix fondée sur la peur de l’anéantissement peut être considérée comme durable.