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    Question d'oral

    Pourquoi la crise de Cuba (octobre 1962) est-elle un laboratoire de la gestion de crise moderne (signaux, canaux secrets, crédibilité) ?

    Réponse d'oral

    La crise de Cuba d’octobre 1962 est un laboratoire de la gestion de crise moderne parce qu’elle montre comment combiner signaux publics, canaux secrets et crédibilité pour éviter une guerre nucléaire. Après la découverte de missiles soviétiques à Cuba, Kennedy doit faire reculer Khrouchtchev sans provoquer un affrontement incontrôlable. Le 22 octobre, il annonce une « quarantaine » navale de l’île. Ce choix envoie un signal gradué : Washington affiche sa détermination, mais renonce à bombarder immédiatement les installations. Il laisse donc à l’adversaire du temps et une possibilité de négocier.
    La sortie de crise repose aussi sur les canaux secrets. Le 27 octobre, Robert Kennedy rencontre l’ambassadeur soviétique Anatoli Dobrynine. Un compromis se précise : Moscou retire ses missiles de Cuba, Washington s’engage publiquement à ne pas envahir l’île. Les Américains donnent également, en privé, l’assurance du retrait ultérieur de leurs missiles Jupiter de Turquie. Le secret permet à chacun de préserver son prestige. La crédibilité ne consiste donc pas seulement à menacer : elle suppose aussi de rendre une promesse de compromis suffisamment fiable pour être acceptée.
    Mais Cuba révèle également les limites du contrôle politique. Le 27 octobre, un avion américain U-2 est abattu au-dessus de l’île : un incident peut faire basculer toute la confrontation. La crise encourage ainsi l’installation, en 1963, d’une liaison directe entre Washington et Moscou pour réduire les malentendus. Sa leçon reste actuelle : comment montrer sa fermeté tout en laissant à l’adversaire une issue autre que l’escalade ?