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    Question d'oral

    Hiroshima : comment articuler nécessité militaire, choix politique et jugement éthique ?

    Réponse d'oral

    Hiroshima invite à articuler trois questions distinctes : la nécessité militaire de la bombe, le choix politique américain et le jugement éthique sur la destruction d’une ville. Le 6 août 1945, les États-Unis larguent une bombe atomique sur Hiroshima. Elle tue des dizaines de milliers de personnes immédiatement ; le bilan atteint environ 140 000 morts à la fin de l’année. Le président Truman veut obtenir une capitulation rapide du Japon et éviter une invasion terrestre qui pourrait coûter énormément de vies. Mais cette justification ne prouve pas que la bombe était indispensable : le Japon est déjà affaibli, et l’entrée en guerre de l’URSS, le 8 août, contribue aussi à sa décision de capituler.
    Le choix est donc également politique. Employer cette arme permet d’imposer une issue rapide sous direction américaine. Cela manifeste aussi une puissance nouvelle face à l’Union soviétique, même si le poids exact de cet objectif reste discuté. D’autres options existaient : attendre les effets du blocus, préciser les conditions de capitulation ou organiser une démonstration. Aucune ne garantissait cependant une reddition immédiate. Il faut donc distinguer les incertitudes des dirigeants en août 1945 de ce que nous savons après coup.
    Enfin, expliquer une décision ne signifie pas la justifier. Dans une guerre totale, les civils participent à l’économie de guerre, mais cela ne supprime pas leur droit à être protégés. Hiroshima pose ainsi la question de la proportion entre l’objectif poursuivi et les souffrances infligées. Peut-on considérer qu’une paix obtenue plus vite justifie tous les moyens employés pour l’imposer ?