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    Question d'oral

    Que contiennent les lois Ferry et qu'ont-elles vraiment changé ?

    Réponse d'oral

    Les lois Ferry rendent l’école primaire publique gratuite et son enseignement laïque, tout en imposant l’instruction aux enfants de 6 à 13 ans : elles transforment une scolarisation déjà engagée en un devoir national. La loi du 16 juin 1881 établit la gratuité dans les écoles primaires publiques. Celle du 28 mars 1882 rend l’instruction obligatoire pour les filles comme pour les garçons et retire l’enseignement religieux des programmes publics. Il est remplacé par une instruction morale et civique. Attention à la nuance : l’obligation porte sur l’instruction, pas sur la fréquentation de l’école publique. Les familles peuvent choisir une école privée ou instruire leurs enfants à domicile, sous contrôle.
    Jules Ferry n’a donc pas inventé l’école, ni même commencé sa généralisation. La loi Guizot de 1833 obligeait déjà chaque commune à entretenir une école primaire de garçons, seule ou avec d’autres communes. Mais les lois Ferry réduisent les obstacles financiers et renforcent la responsabilité de l’État. Concrètement, une famille modeste n’a plus de frais de scolarité à payer à l’école primaire publique. L’école devient aussi un lieu où se transmettent une langue commune, des connaissances et des valeurs républicaines. La laïcisation du personnel, elle, sera organisée par la loi Goblet de 1886.
    Ce changement reste cependant incomplet. L’absentéisme persiste, notamment pendant les travaux agricoles, et filles et garçons suivent encore des enseignements différents. Surtout, la gratuité du primaire ne donne pas à tous un accès égal au secondaire. Les lois Ferry fondent ainsi une école républicaine commune, sans abolir les inégalités sociales. Reste une question toujours actuelle : comment transformer un droit égal à l’instruction en chances réelles de réussite ?