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    Question d'oral

    Nucléaire (1945) : comment penser le double usage et la responsabilité scientifique ?

    Réponse d'oral

    Le nucléaire, depuis 1945, oblige à penser le double usage d’une découverte et la responsabilité scientifique : les mêmes connaissances peuvent servir à produire de l’électricité ou à fabriquer une arme de destruction massive. Le 6 août 1945, la bombe atomique détruit Hiroshima ; le 9 août, une seconde frappe Nagasaki. Ces événements révèlent une rupture : la science donne désormais aux humains les moyens d’anéantir des villes entières en quelques secondes. Mais la fission nucléaire permet aussi, dans des réacteurs contrôlés, de produire beaucoup d’électricité avec de faibles émissions de carbone.
    Il faut toutefois éviter un raccourci : une centrale n’est pas une bombe. Les installations, les matériaux et les objectifs diffèrent. Le double usage signifie plutôt que certains savoirs et certaines techniques, comme l’enrichissement de l’uranium, peuvent répondre à des besoins civils ou militaires. Une découverte ne décide donc pas seule de ses effets : ceux-ci dépendent des financements, des choix politiques et des contrôles. Le traité de non-prolifération, ouvert à la signature en 1968, cherche ainsi à limiter la diffusion des armes tout en permettant les usages pacifiques.
    Le scientifique ne peut donc pas dire simplement : « Je découvre, les autres décident. » Il doit évaluer les risques prévisibles, alerter et participer au débat public. Mais sa responsabilité n’efface pas celle des gouvernements, des industriels et des citoyens. La formule de Rabelais, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », rappelle que la puissance technique ne suffit pas à définir le bien commun. Reste à savoir comment organiser un contrôle démocratique de savoirs capables de transformer le destin de tous.