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    Question d'oral

    Quelle gouvernance de l’innovation est souhaitable aujourd’hui : précaution, régulation, ouverture, partage des gains ?

    Réponse d'oral

    La gouvernance de l’innovation souhaitable aujourd’hui doit associer précaution, régulation, ouverture et partage des gains, sans bloquer la recherche ni laisser ses conséquences au seul marché. Une découverte ne transforme pas automatiquement la société : tout dépend des outils qui en découlent, de leurs usages et des règles qui les encadrent. La précaution ne signifie donc pas attendre le risque zéro. Elle consiste à évaluer les dangers, à expérimenter dans un cadre limité et à pouvoir arrêter ou corriger un déploiement. La régulation doit ensuite être proportionnée : un logiciel de divertissement n’appelle pas les mêmes garanties qu’une intelligence artificielle utilisée pour établir un diagnostic médical.
    Cette gouvernance doit aussi ouvrir les décisions aux citoyens, aux chercheurs, aux entreprises et aux personnes directement concernées. L’expertise scientifique est indispensable, mais elle ne décide pas seule des risques qu’une société accepte. Les vaccins contre la Covid-19, déployés à partir de décembre 2020, illustrent cet enjeu : leur développement rapide a apporté un bénéfice sanitaire majeur, mais les inégalités d’accès entre pays ont montré qu’innover ne suffit pas. Il faut aussi organiser la production, la distribution et, lorsque c’est pertinent, le transfert de technologies.
    Enfin, partager les gains signifie financer les services collectifs, accompagner les travailleurs dont les métiers changent et rendre accessibles les innovations soutenues par l’argent public. Il faut également mesurer les effets réels : une technique plus économe peut encourager une consommation accrue. La vraie question devient alors : comment faire du progrès technique un progrès choisi et partagé ?