Retour à la fiche
    Question d'oral

    Qu'est-ce que le capital social selon Putnam et pourquoi décline-t-il ?

    Réponse d'oral

    Le capital social, selon Robert Putnam, désigne les réseaux de relations, les normes de réciprocité et la confiance qui facilitent la coopération ; il décline lorsque les occasions de participer à une vie collective se raréfient. Autrement dit, connaître ses voisins, rejoindre une association ou s’engager dans un club crée des ressources utiles à tous. On échange des services, on apprend à compter sur les autres et on agit plus facilement ensemble. Ce capital n’est donc pas une richesse financière : c’est une capacité collective fondée sur la confiance.
    Dans Bowling Alone, publié en 2000, Putnam décrit son recul aux États-Unis depuis les années 1960. Son exemple célèbre est le bowling : les Américains continuent d’y jouer, mais participent moins aux ligues organisées. Le loisir demeure, tandis que les rencontres régulières et l’engagement collectif s’affaiblissent. Putnam avance plusieurs explications : les contraintes de temps liées au travail, l’étalement urbain et les longs trajets, mais aussi la télévision, qui favorise des loisirs domestiques et solitaires. Il insiste surtout sur le renouvellement des générations : les générations fortement engagées dans la vie civique sont progressivement remplacées par d’autres qui le sont moins.
    Ce diagnostic ne signifie pas que chacun devient simplement égoïste. Il montre que nos modes de vie peuvent fragiliser les conditions concrètes de la sociabilité. Putnam distingue aussi les liens qui soudent un groupe et ceux qui relient des milieux différents, essentiels pour éviter l’entre-soi. Reste à savoir si les nouvelles formes d’engagement et les échanges numériques peuvent reconstruire cette confiance commune.