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    Question d'oral

    Comment mesure‑t‑on les inégalités : déciles, Gini, patrimoine ? Quels biais possibles ?

    Réponse d'oral

    On mesure les inégalités sociales en comparant les revenus et le patrimoine grâce aux déciles, au coefficient de Gini et aux parts détenues par différents groupes, mais ces outils comportent des limites. Les déciles sont les seuils qui divisent une population classée par richesse en dix groupes égaux. Comparer le neuvième au premier décile permet de mesurer l’écart entre le haut et le bas de la distribution. Attention : ce rapport ne compare pas les revenus moyens des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres. Le coefficient de Gini, proposé par Corrado Gini en 1912, résume l’ensemble des écarts : 0 signifie l’égalité parfaite, 1 l’inégalité maximale. Pratique, mais deux sociétés peuvent avoir le même Gini avec des répartitions différentes.
    Le patrimoine correspond aux biens possédés, comme un logement ou des placements ; le patrimoine net déduit les dettes. Il complète les revenus, car un salaire ne révèle pas toute la situation économique. Deux personnes gagnant 2 000 euros par mois vivent très différemment si l’une hérite d’un appartement sans emprunt tandis que l’autre paie un loyer. On observe donc notamment la part du patrimoine détenue par les 10 % les plus riches.
    Les biais viennent surtout des données et des choix de calcul. Les grandes fortunes sont difficiles à recenser, certains avoirs restent cachés et les prix immobiliers fluctuent. Comparer les revenus avant ou après impôts et aides change aussi le diagnostic. Enfin, ces chiffres saisissent mal les discriminations ou l’accès à la santé. Mesurer les écarts permet-il alors de décider lesquels sont injustes ?