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    Question d'oral

    Mobilité intergénérationnelle : de quoi parle‑t‑on exactement ? Comment la mesurer ?

    Réponse d'oral

    La mobilité intergénérationnelle désigne le changement de position sociale des individus par rapport à celle de leurs parents ; on la mesure en comparant leurs catégories sociales, leurs revenus ou leur niveau de diplôme. Elle est ascendante lorsqu’une personne occupe une position plus élevée, descendante dans le cas inverse. Quand la position reste semblable, on parle de reproduction sociale. Par exemple, une fille d’ouvriers devenue médecin connaît une mobilité ascendante. Cela se distingue de la mobilité au cours d’une vie : un employé devenu cadre change, lui, de position par rapport à son propre parcours.
    L’outil classique est la table de mobilité, qui croise la catégorie socioprofessionnelle des parents avec celle de leurs enfants devenus adultes. On compare généralement des personnes dont la carrière est déjà bien engagée. Deux lectures sont possibles : que deviennent les enfants d’ouvriers ? De quels milieux viennent les cadres ? On peut ainsi calculer la proportion de personnes qui occupent une catégorie différente de celle de leurs parents. Les comparaisons de revenus complètent cette approche : les enfants des familles les plus modestes restent-ils en bas de l’échelle ?
    Mais changer de catégorie ne signifie pas forcément que les chances sont devenues égales. La diminution des emplois agricoles et l’augmentation des emplois de cadres produisent mécaniquement des déplacements entre générations. Il faut donc distinguer la mobilité observée de la fluidité sociale, qui mesure à quel point l’origine sociale pèse sur les chances d’accéder aux différentes positions. Une société peut ainsi connaître beaucoup de mobilité tout en conservant de fortes inégalités : l’enjeu est aussi de savoir si chacun peut réellement choisir sa trajectoire.