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    Question d'oral

    Quelles continuités et ruptures entre citoyenneté antique et citoyenneté moderne ?

    Réponse d'oral

    La citoyenneté antique et la citoyenneté moderne partagent une même idée : appartenir à une communauté politique donne des droits et impose des devoirs, mais elles diffèrent profondément par leur ouverture et leurs formes de participation. Dans les deux cas, le citoyen n’est pas seulement un habitant : il possède un statut reconnu et participe, au moins en principe, à la vie publique. À Athènes, au Ve siècle avant J.-C., les citoyens votent directement à l’ecclésia, l’assemblée du peuple. Le service militaire lie aussi la défense de la cité à l’exercice des droits politiques. Cette association entre citoyenneté, engagement et défense collective traverse les siècles.
    La grande rupture concerne l’égalité des droits et l’élargissement du corps citoyen. La démocratie athénienne exclut les femmes, les esclaves et les étrangers installés dans la cité. Rome développe toutefois une citoyenneté plus extensible : en 212, l’empereur Caracalla l’accorde à presque tous les habitants libres de l’Empire, sans leur donner pour autant un pouvoir démocratique. La modernité affirme progressivement que la naissance, la fortune ou le sexe ne doivent pas déterminer les droits politiques. Cette évolution reste lente : en France, les femmes obtiennent le droit de vote en 1944.
    Autre changement majeur : la représentation politique remplace généralement la décision directe des citoyens réunis. Les États modernes garantissent aussi des libertés individuelles et, souvent, des droits sociaux plus étendus. Pourtant, la citoyenneté reste liée à des frontières et laisse généralement les étrangers à l’écart des élections nationales. La question demeure donc : jusqu’où une démocratie peut-elle élargir la participation sans redéfinir son appartenance collective ?