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    Question d'oral

    Le pouvoir de prescription du Guide Michelin est-il en déclin face à la révolution numérique ?

    Réponse d'oral

    Le pouvoir de prescription du Guide Michelin est moins exclusif face à la révolution numérique, mais il n’a pas disparu : il reste particulièrement fort dans la haute gastronomie. Depuis l’introduction de l’étoile en 1926, le guide a construit une autorité fondée sur ses inspections anonymes et la continuité de ses critères. Obtenir une distinction peut attirer une clientèle internationale, renforcer la réputation d’un chef et justifier un déplacement. Michelin ne conseille donc pas seulement un repas : il consacre une réussite professionnelle.
    Cependant, les plateformes numériques ont changé la manière de choisir un restaurant. Sur Google Maps, Tripadvisor ou Instagram, le public accède immédiatement à des notes, des photographies, des prix et des milliers de témoignages. Pour trouver une pizzeria ouverte ce soir près de chez soi, ces outils sont souvent plus pratiques qu’un guide. La prescription devient ainsi collective et instantanée. Elle valorise aussi des adresses modestes ou des cuisines longtemps moins visibles. Mais cette ouverture a ses limites : faux avis, partenariats commerciaux peu transparents et popularité d’une image ne garantissent pas la qualité du repas.
    Il faut donc parler d’une recomposition du pouvoir plutôt que d’un simple déclin. Michelin conserve une forte capacité de consécration, tandis que les plateformes orientent davantage les choix quotidiens. Le guide participe lui-même à cette mutation avec son site et son application. La vraie question devient alors celle de la confiance : demain, préférerons-nous le jugement de quelques experts, l’avis du plus grand nombre ou les recommandations personnalisées d’un algorithme ?