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    Question d'oral

    Fallait-il lever les brevets sur les vaccins contre la Covid-19 ?

    Réponse d'oral

    Il fallait permettre une levée temporaire des brevets sur les vaccins contre la Covid-19 pour élargir leur accès, mais cette mesure n’aurait pas suffi à elle seule. Face à une pandémie mondiale, protéger les populations devait primer sur l’exclusivité commerciale. En 2021, les pays riches disposaient de nombreuses doses, tandis que beaucoup de pays pauvres attendaient encore leurs premières livraisons. Cette inégalité était injuste, mais aussi dangereuse : une circulation importante du virus multipliait les occasions d’apparition de nouveaux variants.
    Les brevets ont pourtant une utilité : ils permettent aux laboratoires de rentabiliser leurs recherches et encouragent l’innovation. Développer un vaccin suppose des investissements et comporte un risque d’échec. Mais, contre la Covid-19, les financements publics et les commandes anticipées ont largement réduit ce risque. Cela justifiait des exigences fortes en matière d’accès équitable. En octobre 2020, l’Inde et l’Afrique du Sud ont ainsi demandé à l’Organisation mondiale du commerce une dérogation à certaines protections de propriété intellectuelle. L’accord finalement adopté en juin 2022 est resté limité aux vaccins et très en retrait de cette demande.
    Cependant, un brevet n’est pas une recette de cuisine complète. Fabriquer un vaccin, notamment à ARN messager, exige du personnel formé, des équipements, des matières premières et des contrôles rigoureux. Il fallait donc associer l’assouplissement des brevets à un transfert de savoir-faire, à des financements et au développement d’usines locales. Le véritable enjeu était de produire davantage, sans compromettre la sécurité. Pour les prochaines pandémies, comment organiser dès le départ une innovation dont les bénéfices soient réellement partagés ?