Retour à la fiche
Question d'oral
La notion de "repas gastronomique des Français" est-elle un concept inclusif ou excluant ?
Réponse d'oral
Le « repas gastronomique des Français » inscrit à l’UNESCO est un concept inclusif dans son principe, mais qui peut devenir excluant si l’on transforme ses codes en obligations. Reconnu en 2010 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, il ne désigne ni un plat national ni la cuisine des restaurants étoilés. Il célèbre surtout une pratique sociale : se réunir pour marquer un événement important, prendre plaisir à manger et entretenir des liens. Un anniversaire préparé à la maison peut donc en exprimer l’esprit aussi bien qu’un dîner raffiné. L’essentiel tient au partage, au soin apporté aux mets et à l’attention portée aux autres.Cependant, cette définition repose sur des habitudes précises : succession des plats, décoration de la table, accords entre mets et vins, temps consacré à la préparation. Ces codes ne sont pas également accessibles à tous. Un repas de Noël avec foie gras, chapon et bûche représente un coût et suppose du temps, de l’espace, parfois une famille réunie. L’importance accordée au vin peut aussi sembler tenir à distance les personnes qui ne boivent pas d’alcool. Enfin, présenter ce rituel comme celui « des Français » risque de faire oublier la diversité de leurs traditions alimentaires.Il faut donc distinguer la reconnaissance d’une tradition de l’imposition d’un modèle unique. Préserver ce repas n’oblige pas chacun à s’y conformer. Sa force inclusive apparaît lorsqu’il reste ouvert aux adaptations, aux budgets modestes et aux héritages culturels variés. Un patrimoine vivant ne gagne-t-il pas à accueillir de nouvelles manières de partager la table ?
Autres questions
1.En quoi l'inscription du repas gastronomique à l'UNESCO est-elle révélatrice des angoisses et des ambitions de la France contemporaine ?3.Peut-on opposer le "repas gastronomique", patrimoine immatériel, à l'industrie mondiale du "fast-food" ?4.Comment ce patrimoine peut-il s'adapter aux enjeux du XXIe siècle comme le développement durable et le bien-être animal ?5.Cette patrimonialisation a-t-elle réellement permis de sauvegarder une pratique ou a-t-elle surtout servi le marketing territorial ?
