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Question d'oral
Cette patrimonialisation a-t-elle réellement permis de sauvegarder une pratique ou a-t-elle surtout servi le marketing territorial ?
Réponse d'oral
L’inscription du repas gastronomique des Français à l’UNESCO, en 2010, a contribué à sauvegarder une pratique sociale, mais elle a aussi largement servi le marketing territorial. Les deux effets ne s’excluent pas. Cette reconnaissance ne protège ni un plat précis ni toute la cuisine française. Elle met en valeur une manière de célébrer les moments importants : choisir les produits, préparer une belle table, accorder les mets et les vins, puis prendre le temps de manger ensemble.La sauvegarde consiste d’abord à rendre cette pratique visible et à encourager sa transmission. Un repas de Noël en famille l’illustre bien : au-delà du chapon ou de la bûche, chacun apprend des recettes, des gestes et une façon de recevoir. Cependant, une inscription ne garantit pas que ces habitudes perdurent. Le manque de temps, le coût des produits ou l’éloignement familial peuvent fragiliser ces moments partagés. Il reste donc difficile d’attribuer à l’UNESCO, à elle seule, leur maintien.L’usage touristique et économique est, lui, très visible. La Cité internationale de la gastronomie et du vin, ouverte à Dijon en 2022, associe ainsi découverte culturelle, restauration et commerces. Ce type d’équipement peut transmettre des savoir-faire tout en attirant visiteurs et investisseurs. Le risque apparaît lorsque l’image prestigieuse prend davantage de place que la pratique quotidienne, accessible à tous. Le bilan est donc partagé : une valorisation réelle, mais une sauvegarde qui dépend surtout des familles, des associations et de l’éducation. Un patrimoine vivant se mesure-t-il à son rayonnement ou à la place qu’il garde dans nos vies ?
Autres questions
1.En quoi l'inscription du repas gastronomique à l'UNESCO est-elle révélatrice des angoisses et des ambitions de la France contemporaine ?2.La notion de "repas gastronomique des Français" est-elle un concept inclusif ou excluant ?3.Peut-on opposer le "repas gastronomique", patrimoine immatériel, à l'industrie mondiale du "fast-food" ?4.Comment ce patrimoine peut-il s'adapter aux enjeux du XXIe siècle comme le développement durable et le bien-être animal ?
