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    Question d'oral

    Les marbres du Parthénon doivent-ils retourner à Athènes ?

    Réponse d'oral

    Les marbres du Parthénon devraient, selon moi, retourner à Athènes, car leur réunification permettrait de mieux comprendre un monument majeur de l’architecture grecque. Il ne s’agit pas seulement de belles statues que l’on pourrait exposer n’importe où. Ces sculptures appartenaient à un ensemble construit au Ve siècle avant notre ère, consacré à Athéna. Les frontons, les métopes et la frise participaient au sens religieux et civique du temple. Le Parthénon associait ainsi une colonnade dorique à une frise ionique : son décor était lié à son architecture.
    Le débat reste pourtant complexe. Au début du XIXe siècle, Lord Elgin a fait retirer une grande partie des sculptures, alors qu’Athènes était sous domination ottomane. Le British Museum les a acquises en 1816. Il défend leur présentation au sein d’un musée réunissant de nombreuses civilisations, où les visiteurs peuvent comparer les cultures. Cet argument mérite d’être entendu. Mais la portée de l’autorisation ottomane invoquée par Elgin est contestée, et les Grecs n’ont pas décidé eux-mêmes de ce départ. La question touche donc aussi au consentement d’un peuple privé, à l’époque, de souveraineté.
    Depuis l’ouverture du musée de l’Acropole en 2009, Athènes dispose d’un lieu adapté pour accueillir ces œuvres, face au monument dont elles proviennent. Leur retour ne signifierait pas qu’il faut vider tous les musées : chaque situation possède son histoire. Ici, l’unité d’un ensemble architectural exceptionnel constitue un argument particulièrement fort. Une coopération durable, avec des prêts réciproques, pourrait accompagner cette restitution. Le musée de demain ne pourrait-il pas partager les œuvres sans nécessairement les posséder ?