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    Question d'oral

    Les grands ensembles étaient-ils une réussite à leur origine ?

    Réponse d'oral

    Les grands ensembles étaient, à leur origine, une réussite du logement de masse, mais une réussite incomplète sur le plan de la vie urbaine. Dans la France des années 1950 et 1960, il fallait construire vite pour répondre aux destructions de la guerre, à l’exode rural et à la croissance démographique. Des familles vivaient encore dans des logements surpeuplés, sans salle de bains, parfois dans des bidonvilles. Pour beaucoup, entrer dans un appartement neuf avec chauffage, eau chaude et toilettes privées représentait un progrès immense. Les grands ensembles n’étaient donc pas seulement une utopie d’architectes : ils répondaient à une urgence sociale bien réelle.
    Cette réussite reposait sur la construction rapide de centaines, voire de milliers de logements selon un plan unique. À Sarcelles, dès 1955, un vaste quartier de barres et de tours sort de terre. Les appartements lumineux et les espaces ouverts promettaient une vie plus saine. Mais les écoles, les commerces et les transports ne suivaient pas toujours au même rythme. L’éloignement des emplois, le manque de lieux de rencontre et la répétition des bâtiments suscitaient déjà des critiques. Le confort intérieur ne suffisait pas à fabriquer une ville agréable.
    Il faut donc éviter de regarder leurs débuts uniquement à travers la crise ultérieure des banlieues. Celle-ci tient aussi au chômage, au départ de certains ménages et à la concentration de la pauvreté, pas seulement à l’architecture. Les grands ensembles ont amélioré les conditions matérielles de nombreux habitants, sans toujours réussir leur intégration urbaine. Leur histoire pose encore une question essentielle : comment construire des logements tout en créant des quartiers où l’on souhaite vivre durablement ?