Retour à la fiche
    Question d'oral

    L'architecture est-elle responsable de la crise des banlieues ?

    Réponse d'oral

    L’architecture n’est pas seule responsable de la crise des banlieues, mais certains choix des grands ensembles ont renforcé les difficultés sociales. Construits surtout entre les années 1950 et 1970, ces quartiers répondent d’abord à une urgence : loger rapidement une population croissante, dans un pays marqué par la pénurie de logements. Pour beaucoup de familles, entrer dans un appartement avec chauffage, salle de bains et lumière représente un progrès immense. Les barres et les tours incarnent alors une utopie du logement : offrir à tous un habitat moderne, entouré d’espaces verts.
    Cependant, cette ambition rencontre vite des limites. Les logements arrivent parfois avant les commerces, les écoles ou les transports. L’éloignement des emplois et les grandes distances à parcourir compliquent la vie quotidienne. La répétition des bâtiments et le manque d’entretien peuvent aussi nourrir un sentiment d’abandon. Mais une tour ne produit pas, à elle seule, du chômage ou de la pauvreté. À partir des années 1970, la désindustrialisation, le départ de ménages plus aisés et les discriminations accentuent la ségrégation sociale. Il faut donc distinguer la forme des quartiers des mécanismes qui concentrent les difficultés dans ces quartiers.
    Depuis 2003, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine finance notamment des démolitions, des réhabilitations et le désenclavement des quartiers. Ces transformations peuvent améliorer le cadre de vie, mais elles ne remplacent ni l’emploi, ni les services publics, ni la lutte contre les discriminations. L’enjeu n’est-il pas, finalement, de construire autant des liens avec la ville que de nouveaux bâtiments ?