Retour à la fiche
    Question d'oral

    Que critique-t-on dans le transhumanisme ?

    Réponse d'oral

    On critique dans le transhumanisme sa volonté d’améliorer l’être humain par la technologie lorsqu’elle risque de renforcer les inégalités, de réduire la personne à ses performances et de faire oublier les limites du vivant. Il ne s’agit pas de rejeter les progrès médicaux. Soigner une maladie génétique ou permettre à une personne paralysée de retrouver une mobilité constitue un progrès. Mais augmenter la mémoire, sélectionner certaines caractéristiques d’un enfant ou promettre de vaincre le vieillissement pose une autre question : où finit le soin et où commence la fabrication d’un humain jugé « supérieur » ?
    La première critique concerne les inégalités d’accès. Si les améliorations coûtent très cher, les plus riches pourraient cumuler avantages sociaux et avantages biologiques. Une autre inquiétude porte sur la liberté : une augmentation présentée comme un choix pourrait devenir une obligation pour réussir à l’école ou rester compétitif au travail. Enfin, certaines interventions comportent des risques irréversibles. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de jumelles dont il avait modifié le génome. Cette expérience a suscité une condamnation internationale, notamment parce que ces modifications pouvaient être transmises à leur descendance, sans son consentement.
    Plus profondément, les critiques défendent la dignité humaine : une personne ne vaut pas seulement par son intelligence, sa force ou sa longévité. Elles dénoncent aussi des promesses parfois spéculatives qui détournent l’attention de besoins immédiats, comme l’accès aux soins. L’enjeu est donc moins de refuser toute transformation que de décider collectivement lesquelles sont souhaitables. Voulons-nous surtout des humains plus performants, ou une société où chacun puisse mieux vivre ?