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Question d'oral
Assiste-t-on aujourd'hui à une remise en question de la toute-puissance du metteur en scène ?
Réponse d'oral
Oui, on assiste aujourd’hui à une remise en question de la toute-puissance du metteur en scène, sans que son rôle de créateur disparaisse. Depuis la fin du XIXe siècle, la mise en scène s’est affirmée comme un art à part entière. Le metteur en scène ne se contente plus de placer les acteurs : il propose une lecture de l’œuvre, organise l’espace, les rythmes et les images. Au XXe siècle, cette reconnaissance a parfois fait de lui l’auteur principal du spectacle, au risque d’effacer les autres artistes.Aujourd’hui, cette autorité est discutée sur deux plans. D’abord, la création collective rappelle qu’un spectacle naît aussi des propositions des interprètes, des éclairagistes ou des scénographes. Le collectif belge tg STAN, fondé en 1989, travaille ainsi sans metteur en scène attitré et fait du dialogue entre acteurs le moteur de ses spectacles. En danse, Pina Bausch sollicitait déjà les souvenirs et les gestes de ses danseurs pour nourrir ses créations. Elle conservait cependant la décision finale : faire participer ne signifie donc pas partager également le pouvoir.Ensuite, les dénonciations de violences et de harcèlement, amplifiées depuis #MeToo en 2017, fragilisent l’idée selon laquelle le génie artistique excuserait l’humiliation ou l’abus d’autorité. L’enjeu n’est pas nécessairement de supprimer toute direction, mais de distinguer exigence artistique et domination. Le metteur en scène reste souvent celui qui donne une cohérence à l’ensemble, tout en devant davantage reconnaître les contributions et respecter les limites de chacun. Un spectacle peut-il alors porter une vision forte sans dépendre d’un pouvoir solitaire ?
