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    Question d'oral

    Quelle est la stratégie de la Chine envers les institutions internationales ?

    Réponse d'oral

    La stratégie de la Chine envers les institutions internationales consiste à peser sur les règles existantes tout en créant des cadres complémentaires où son influence est plus forte. Pékin ne cherche donc pas simplement à détruire l’ordre international : il veut le transformer pour qu’il reflète davantage sa puissance et ses priorités. Deuxième contributeur au budget ordinaire de l’ONU, la Chine défend le rôle central de cette organisation, où elle possède un siège permanent et un droit de veto au Conseil de sécurité. Elle cherche aussi à diriger des agences spécialisées. En 2019, le Chinois Qu Dongyu est ainsi élu à la tête de la FAO, l’organisation chargée de l’alimentation et de l’agriculture.
    Cette présence sert une conception du multilatéralisme centrée sur la souveraineté. Pékin insiste sur la non-ingérence et sur le droit de chaque État à choisir son modèle politique. Il privilégie le développement économique et conteste les pressions occidentales concernant les droits humains. Son discours sur une « communauté de destin pour l’humanité » présente la Chine comme une puissance de coopération, notamment auprès des pays du Sud. Le retrait américain peut lui offrir davantage d’espace, sans lui garantir leur adhésion.
    Enfin, la Chine développe des institutions complémentaires, comme la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, entrée en activité en 2016. Les routes de la soie, lancées en 2013, renforcent aussi ses partenariats par le financement d’infrastructures, sans constituer une organisation internationale. Cette double stratégie permet de diversifier les financements, mais aussi d’accroître l’influence chinoise. Reste à savoir si elle rendra l’ordre international plus représentatif ou simplement plus favorable à Pékin.