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    Question d'oral

    Les Métamorphoses (Ovide, env. 8 ap. J.-C.) : en quoi est-ce un “réservoir” de mythes, et que nous apprend cette forme de réécriture ?

    Réponse d'oral

    Les Métamorphoses d’Ovide, achevées vers 8 après J.-C., sont un réservoir de mythes parce qu’elles rassemblent environ 250 récits, et leur réécriture montre que la mythologie est une tradition vivante, sans cesse recomposée. En quinze livres, le poète raconte l’histoire du monde, depuis ses origines jusqu’à la divinisation de Jules César. Son fil conducteur est la transformation : des humains deviennent animaux, arbres, pierres ou constellations. Ce principe permet de relier des histoires très différentes, surtout grecques, dans une œuvre latine inscrite dans l’horizon romain.
    Par exemple, Daphné se change en laurier pour échapper à Apollon. Le dieu fait alors de cet arbre son emblème. Le récit raconte une poursuite violente, mais explique aussi l’origine d’un symbole associé à la poésie et à la victoire. Autre exemple : Narcisse, fasciné par son reflet, dépérit avant qu’une fleur apparaisse à sa place. Ces images frappantes ont nourri durablement la peinture, la sculpture et la littérature. Le Daphné et Apollon du Bernin, sculpté entre 1622 et 1625, montre ainsi la jeune femme au moment où ses doigts deviennent des branches.
    Cette réécriture n’est donc pas une simple compilation. Ovide choisit des variantes, déplace les points de vue et mêle émotion, humour et cruauté. Ses dieux apparaissent puissants, mais aussi jaloux, désirants et injustes. L’œuvre n’est ni un catéchisme ni un manuel des rites romains : elle révèle la liberté du poète face aux traditions. Reste alors une question : transmettre un mythe, n’est-ce pas toujours aussi le transformer ?