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Question d'oral
Qu'est-ce que la Commission vérité et réconciliation et que lui reproche-t-on ?
Réponse d'oral
La Commission vérité et réconciliation est une institution sud-africaine créée en 1995 pour faire la lumière sur les violences de l’apartheid ; on lui reproche surtout d’avoir parfois privilégié le pardon au détriment de la justice. Voulue par Nelson Mandela et présidée par l’archevêque Desmond Tutu, elle commence ses audiences en 1996. Son objectif est d’entendre les victimes et les responsables des graves violations des droits humains commises entre 1960 et 1994. Elle examine les crimes du régime, mais aussi ceux des mouvements de libération. Dans un pays encore profondément divisé, elle cherche à construire une mémoire commune plutôt qu’à organiser une vengeance.Son mécanisme le plus original est l’amnistie conditionnelle : un responsable peut échapper aux poursuites s’il révèle entièrement les faits et démontre leur caractère politique. Le pardon n’est donc pas automatique, et le repentir n’est pas exigé. Les audiences publiques donnent une place inédite à la parole des victimes. En 1997, par exemple, les proches de Steve Biko, mort en détention en 1977 après les violences policières, entendent les témoignages des policiers impliqués. Leur demande d’amnistie sera rejetée.Mais cette démarche laisse un sentiment d’impunité : certaines familles obtiennent la vérité sans voir les coupables condamnés. Les réparations sont aussi jugées tardives et insuffisantes. Enfin, la Commission traite surtout les violences individuelles, moins les inégalités économiques produites par l’apartheid. Elle a contribué à la réconciliation nationale sans effacer toutes les blessures. Une société peut-elle vraiment se réconcilier si la vérité ne s’accompagne pas d’une justice suffisante ?
