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Question d'oral
Le prix Obama de 2009 était-il une erreur ?
Réponse d'oral
Le prix Nobel de la paix attribué à Barack Obama en 2009 était surtout une récompense prématurée : il saluait une promesse de paix davantage que des résultats déjà obtenus. Annoncé le 9 octobre, moins de neuf mois après son arrivée à la Maison-Blanche, il distinguait ses efforts pour renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples. Après les années Bush et la guerre en Irak, Obama incarnait un changement de ton. À Prague, le 5 avril 2009, il avait notamment défendu l’objectif d’un monde sans armes nucléaires. Mais une ambition, même forte, ne constitue pas encore un bilan.Le choix pouvait donc se comprendre comme un encouragement politique. Le Nobel ne récompense pas seulement des accords signés : il peut aussi soutenir une orientation fragile. Pourtant, cette logique comporte un risque évident. Elle engage le prestige du prix sur l’avenir d’un dirigeant. Obama lui-même reconnaissait ne pas se sentir à la hauteur de nombreux anciens lauréats. Son bilan a ensuite renforcé le malaise : poursuite de la guerre en Afghanistan, recours aux frappes de drones, intervention en Libye en 2011. À l’inverse, l’accord nucléaire iranien de 2015 et le rapprochement avec Cuba témoignent d’avancées diplomatiques réelles.Parler d’erreur absolue serait donc excessif, mais parler d’une erreur de calendrier paraît justifié. Le comité a récompensé trop tôt un espoir, au risque de confondre discours et action. Un prix de la paix doit-il constater des réussites ou tenter de rendre leur réalisation possible ?
