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    Question d'oral

    Slam/rap: en quoi ces formes prolongent-elles des traditions poétiques (oralité, rythme, adresse) ?

    Réponse d'oral

    Le slam et le rap prolongent les traditions poétiques par l’oralité, le rythme et l’adresse : ils font de la parole une matière sonore, destinée à toucher un public. La poésie n’a pas toujours été une lecture silencieuse. Dans l’Antiquité, les aèdes chantaient les récits héroïques ; au Moyen Âge, les troubadours associaient vers et musique. Le slam et le rap renouent avec cette présence de la voix et du corps. Le souffle, les pauses et l’intonation comptent autant que les mots. Une phrase peut informer, mais sa mise en voix lui donne une force nouvelle.
    Le rythme constitue un autre héritage essentiel. Le rap joue avec les rimes, les répétitions et les accents, tout en décalant parfois les paroles par rapport au battement musical. Le slam, souvent pratiqué sans accompagnement, crée sa propre pulsation. Ces formes rappellent ainsi le souhait de Verlaine : « De la musique avant toute chose ». Dans Midi 20, paru en 2006, Grand Corps Malade transforme les étapes de sa vie en heures d’une journée. Cette image continue donne une forme sensible à son expérience : le récit devient poésie.
    Enfin, ces paroles s’adressent à quelqu’un : un proche, un adversaire, une foule ou la société entière. Elles prolongent la poésie amoureuse, la satire et la poésie engagée. Dans L’Éducation nationale (2010), Grand Corps Malade fait entendre les inégalités scolaires à travers une voix d’enfant. Sans être automatiquement poétiques, slam et rap montrent que la poésie ne dépend ni de la page ni d’une forme fixe. Et si elle se reconnaissait d’abord à sa capacité de rendre nos paroles plus intenses ?