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    Question d'oral

    Quels scandales ont marqué l'histoire du Goncourt (Proust, Céline, Gracq, Gary) ?

    Réponse d'oral

    Les scandales qui ont marqué l’histoire du prix Goncourt, autour de Proust, Céline, Gracq et Gary, révèlent des conflits sur le mérite littéraire, le pouvoir des jurys et les règles du prix. En 1919, Marcel Proust est récompensé pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs, devant Roland Dorgelès et Les Croix de bois. Au lendemain de la guerre, certains jugent scandaleux de préférer un écrivain mondain à un ancien combattant racontant les tranchées. Proust, âgé de 48 ans et financièrement à l’aise, paraît aussi éloigné de l’idéal d’un jeune talent à soutenir.
    En 1932, le jury écarte Voyage au bout de la nuit de Céline au profit des Loups de Guy Mazeline. Ce choix provoque une vive polémique : beaucoup dénoncent le rejet d’un roman qui bouleverse la langue française. Céline reçoit finalement le Renaudot. En 1951, Julien Gracq refuse le Goncourt attribué au Rivage des Syrtes. Son geste prolonge sa critique du milieu littéraire dans La Littérature à l’estomac, publié en 1950 : il dénonce une littérature soumise à la publicité et aux consécrations.
    Enfin, Romain Gary réalise une véritable mystification. Déjà couronné en 1956 pour Les Racines du ciel, il obtient de nouveau le prix en 1975 avec La Vie devant soi, signé Émile Ajar. Le jury ignore qu’il récompense le même homme, contrairement à sa règle. Ces affaires invitent à se demander si un prix distingue seulement une œuvre, ou aussi l’image que son époque se fait de la littérature.