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Question d'oral
Que montre l'expérience de Milgram et quelles conditions font varier l'obéissance ?
Réponse d'oral
L’expérience de Milgram montre que l’obéissance à l’autorité peut conduire des personnes ordinaires à infliger ce qu’elles croient être une souffrance grave à autrui, et que cette obéissance varie fortement selon la situation. À partir de 1961, à l’université Yale, Stanley Milgram demande à des volontaires d’administrer des décharges électriques croissantes à un « élève » lorsqu’il se trompe dans un exercice de mémoire. En réalité, l’élève est un complice et les décharges sont fictives, mais les participants l’ignorent. Dans la condition devenue célèbre, 65 % des participants vont jusqu’à 450 volts, malgré les protestations puis le silence de l’élève, lorsque l’expérimentateur leur demande de continuer.L’obéissance dépend notamment de la proximité de l’autorité et de la victime. Quand l’expérimentateur donne ses instructions par téléphone, elle diminue nettement. Quand la victime se trouve dans la même pièce, ou que le participant doit maintenir sa main sur une plaque, elle baisse aussi. Le prestige du cadre compte également : hors de Yale, dans des locaux commerciaux, l’obéissance est plus faible. Enfin, l’exemple des autres joue un rôle décisif : lorsque deux complices refusent de poursuivre, seuls 10 % des participants atteignent le maximum.Ces résultats illustrent le pouvoir des situations, pas une cruauté naturelle ni une obéissance automatique. Certains participants résistent, et beaucoup manifestent une forte détresse. La tromperie et la pression exercée soulèvent aussi des problèmes éthiques. L’enjeu devient alors de comprendre comment créer des situations où refuser un ordre injuste est plus facile.
