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Question d'oral
La « banalité du mal » d'Hannah Arendt est-elle confirmée par la psychologie sociale ?
Réponse d'oral
La « banalité du mal » d’Hannah Arendt est éclairée par la psychologie sociale, mais elle n’est pas confirmée comme une loi générale. En observant le procès d’Adolf Eichmann en 1961, Arendt souligne qu’un responsable de crimes immenses peut apparaître comme un bureaucrate ordinaire, incapable de juger ses actes autrement qu’en termes d’ordres et de carrière. « Banalité » ne signifie donc ni que le mal est insignifiant, ni que le criminel est innocent. Elle désigne notamment une absence de pensée critique, compatible avec une responsabilité entière.Les expériences montrent comment une situation peut affaiblir le jugement personnel. Chez Asch, en 1951, environ 75 % des participants donnent au moins une fois une réponse manifestement fausse sur la longueur de lignes pour suivre le groupe : c’est le conformisme. Chez Milgram, dans la condition la plus célèbre publiée en 1963, 65 % vont jusqu’à administrer ce qu’ils croient être une décharge de 450 volts, sous l’injonction d’un expérimentateur. L’obéissance à l’autorité peut ainsi conduire des personnes ordinaires à participer à une violence qu’elles désapprouvent.Cependant, ces résultats ne reproduisent pas un génocide et ne prouvent pas que chacun obéirait. Certains participants résistent. L’expérience de prison de Zimbardo, menée en 1971, est en outre fortement contestée, notamment parce que les consignes données aux gardiens ont orienté leurs conduites. Enfin, le fanatisme et l’adhésion idéologique comptent aussi, y compris chez Eichmann. Le pouvoir des situations aide donc à comprendre le mal sans supprimer la responsabilité individuelle. Reste à savoir comment construire des institutions qui rendent le refus plus facile que l’obéissance aveugle.
