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Question d'oral
Qu'est-ce que les Grecs ont apporté aux mathématiques que les Babyloniens n'avaient pas ?
Réponse d'oral
Les Grecs ont apporté aux mathématiques la démonstration systématique, là où les Babyloniens avaient surtout développé des méthodes de calcul et de résolution de problèmes. Il ne faut donc pas imaginer des Babyloniens incapables de raisonner. Dès le deuxième millénaire avant notre ère, ils savaient résoudre des problèmes que nous traduisons aujourd’hui par des équations du second degré. Ils connaissaient aussi des relations entre les côtés des triangles rectangles, bien avant Pythagore. Mais les documents conservés présentent surtout des procédures et des exemples, plutôt qu’un ensemble de résultats organisés autour de preuves générales.La différence décisive est celle entre constater qu’une méthode fonctionne et établir pourquoi elle fonctionne nécessairement. Par exemple, un triangle dont les côtés mesurent 3, 4 et 5 vérifie bien que 3² + 4² = 5². La démonstration du théorème de Pythagore ne se limite pas à ce cas : elle vaut pour tous les triangles rectangles. Vers 300 avant notre ère, Euclide organise dans ses Éléments un vaste ensemble de connaissances à partir de définitions, de postulats et de résultats déjà démontrés. Une proposition n’est plus acceptée parce qu’un maître l’affirme, mais parce que chacun peut suivre le raisonnement.Archimède prolonge cette exigence : au IIIe siècle avant notre ère, il encadre rigoureusement le nombre π entre deux fractions. Le « miracle grec » n’est donc pas une invention surgie de rien, mais une transformation majeure de savoirs plus anciens en une science de la preuve. Cette histoire invite à se demander ce qui distingue encore aujourd’hui un résultat convaincant d’un résultat démontré.
