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Question d'oral
Comment la BD est-elle devenue le « neuvième art » ?
Réponse d'oral
La bande dessinée est devenue le « neuvième art » grâce à la reconnaissance progressive de son langage propre, de ses grands auteurs et de sa capacité à raconter bien autre chose que des aventures pour enfants. Elle ne juxtapose pas simplement des dessins : elle construit un récit avec des images fixes organisées en séquence. Will Eisner parle ainsi d’art séquentiel. Entre deux cases, le lecteur imagine ce qui manque : un déplacement, un geste, parfois plusieurs années. Cette participation fait toute la force de la BD.Au XIXe siècle, le Suisse Rodolphe Töpffer pose les bases de la bande dessinée moderne. Dans Histoire de M. Jabot, publiée en 1833, images et phrases se complètent pour produire un récit comique. La presse favorise ensuite sa diffusion auprès d’un vaste public. Les strips américains, les albums franco-belges et les mangas japonais développent des traditions différentes. Longtemps, pourtant, la BD reste considérée comme un divertissement populaire, surtout destiné à la jeunesse. Dans les années 1960, des critiques et des passionnés défendent sa valeur artistique. L’expression « neuvième art », notamment popularisée par Morris et Pierre Vankeer dans le journal Spirou à partir de 1964, accompagne cette reconnaissance.Le roman graphique renforce ensuite cette légitimité en abordant l’intime, l’histoire ou la politique. Avec Maus, récompensé par un prix Pulitzer spécial en 1992, Art Spiegelman raconte la Shoah et la mémoire familiale. La BD prouve ainsi que la profondeur d’une œuvre ne dépend pas de l’absence d’images. Aujourd’hui, les webtoons invitent à se demander comment les écrans transformeront encore cet art du récit.
