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    Question d'oral

    Qu'a changé l'arrivée du manga en France ?

    Réponse d'oral

    L’arrivée du manga en France a changé la bande dessinée en élargissant son public, ses thèmes et ses façons de raconter et de lire. Le mouvement prend surtout de l’ampleur dans les années 1990, après la diffusion de dessins animés japonais à la télévision. Glénat publie ainsi Akira de Katsuhiro Ōtomo à partir de 1990, puis Dragon Ball d’Akira Toriyama en 1993. Pour de nombreux jeunes, ces séries deviennent une porte d’entrée dans le neuvième art, à côté de Tintin ou d’Astérix.
    Le manga installe de nouvelles habitudes : petit format, noir et blanc, lecture souvent de droite à gauche et histoires développées sur de nombreux tomes. Son découpage peut étirer un geste, un regard ou un combat sur plusieurs pages. Le lecteur suit les personnages dans la durée et attend la suite comme un rendez-vous. Surtout, le manga rend très visibles des récits consacrés au sport, à la cuisine, à la vie scolaire ou aux relations amoureuses. Il ne se réduit donc ni aux combats ni aux enfants : il propose une grande diversité de publics et de genres, même si cette diversité existait aussi dans la bande dessinée européenne.
    Enfin, son succès transforme les librairies et le travail des éditeurs, qui développent des collections spécialisées. Il inspire aussi des auteurs français : Tony Valente lance Radiant en 2013, une série ensuite publiée au Japon et adaptée en animation. Le manga n’a donc pas remplacé la bande dessinée franco-belge : il a élargi son horizon et favorisé les échanges. Ces croisements invitent à se demander si les frontières nationales de la bande dessinée restent aussi nettes qu’autrefois.