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Question d'oral
Révocation (1685) : comment un choix religieux devient-il un choix d’État ?
Réponse d'oral
La révocation de l’édit de Nantes en 1685 montre comment un choix religieux devient un choix d’État : Louis XIV impose l’unité catholique pour renforcer l’unité politique de son royaume. L’édit de Nantes, accordé par Henri IV en 1598, avait permis aux protestants de pratiquer leur culte sous certaines conditions. Mais, pour Louis XIV, cette coexistence paraît incompatible avec l’idéal d’une monarchie unifiée autour du roi et de la foi catholique. La différence religieuse devient ainsi un problème d’obéissance au souverain.Cette logique conduit à l’édit de Fontainebleau, signé en octobre 1685, qui révoque l’édit de Nantes. Le culte protestant est interdit, les temples doivent être détruits et les pasteurs doivent se convertir ou quitter le royaume. Les fidèles, eux, n’ont pas le droit d’émigrer. L’État mobilise donc ses lois, son administration et ses soldats pour obtenir des conversions. Dès 1681, les dragonnades, notamment dans le Poitou, consistent à loger des soldats chez les protestants afin de les contraindre à devenir catholiques. La foi n’est plus seulement une conviction : elle devient une exigence imposée par le pouvoir.Pourtant, cette politique produit l’inverse d’une unité paisible. Environ 150 000 à 200 000 protestants fuient malgré l’interdiction, notamment vers les Provinces-Unies, l’Angleterre et les territoires allemands. Le royaume perd des artisans, des marchands et des compétences, tandis que des communautés maintiennent clandestinement leur foi. La révocation révèle ainsi les limites de l’absolutisme : peut-on réellement assurer la fidélité politique en imposant une croyance ?
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