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    Question d'oral

    Aujourd’hui, l’automatisation et l’IA relèvent-elles d’une nouvelle révolution industrielle ? Quelles analogies, quelles différences ?

    Réponse d'oral

    Aujourd’hui, l’automatisation et l’IA peuvent être considérées comme une nouvelle révolution industrielle, car elles transforment durablement la production, le travail et la société. Mais, comme au XIXe siècle, ce changement n’est ni soudain ni uniforme. La première industrialisation remplaçait une partie de l’effort musculaire par des machines alimentées au charbon. L’IA automatise désormais certaines tâches intellectuelles : rédiger, traduire, analyser des images ou produire du code. Depuis le lancement public de ChatGPT en novembre 2022, ces usages sont devenus accessibles bien au-delà des laboratoires.
    L’analogie principale concerne les gains de productivité et la réorganisation du travail. Comme le métier à tisser mécanique, l’IA permet d’exécuter certaines opérations plus vite, tout en bouleversant des métiers. Elle peut supprimer des tâches, en créer d’autres et renforcer la surveillance des salariés. Dans un entrepôt, par exemple, un logiciel peut attribuer les commandes et mesurer chaque déplacement. Autre ressemblance : les entreprises qui possèdent les infrastructures essentielles concentrent une grande puissance économique.
    La différence majeure tient à l’étendue des activités concernées et à la vitesse de diffusion. L’IA touche aussi les cadres, les enseignants ou les médecins. Elle prolonge toutefois une révolution numérique déjà ancienne, plutôt qu’elle n’introduit une nouvelle source d’énergie. Son apparente immatérialité masque des centres de données, des puces et une forte consommation électrique. Enfin, ses effets ne sont pas automatiques : ils dépendent de la formation, des règles et du partage des gains. La véritable question est donc de savoir quelle société nous voulons construire avec ces outils.