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    Question d'oral

    Quels pouvoirs modernes ont repris le vocabulaire monumental de Rome ?

    Réponse d'oral

    Les pouvoirs modernes qui ont repris le vocabulaire monumental de Rome sont notamment les monarchies, les empires, les républiques et les régimes fascistes, pour afficher leur puissance et leur durée. L’héritage romain ne se limite pas à l’arc, à la voûte ou au béton : il comprend aussi la coupole, les colonnes et les grands axes urbains. Ces formes rendent le pouvoir visible. Un arc de triomphe transforme une victoire militaire en souvenir permanent ; une immense coupole donne à une institution une présence presque sacrée.
    En France, Napoléon Ier revendique clairement cet héritage impérial. En 1806, il ordonne la construction de l’Arc de triomphe de l’Étoile pour célébrer ses armées, comme les empereurs romains glorifiaient leurs conquêtes. Mais ce langage n’appartient pas seulement aux souverains autoritaires. Aux États-Unis, le Capitole, dont la coupole actuelle est achevée en 1866, associe les institutions républicaines à la grandeur de l’Antiquité. Rome offre donc deux modèles politiques : celui de la République et celui de l’Empire.
    Au XXe siècle, Mussolini exploite cette référence pour présenter le fascisme comme une renaissance de la puissance romaine. Le quartier de l’EUR, lancé à Rome dans les années 1930, en témoigne : le palais de la Civilisation italienne, surnommé le « Colisée carré », multiplie les arcades dans une façade géométrique. Les techniques sont modernes, mais l’image renvoie à Rome. Cette continuité visuelle sert à faire paraître le régime solide, prestigieux et inévitable. Reste alors une question : un monument exprime-t-il la grandeur d’une société ou cherche-t-il surtout à nous convaincre de celle de ses dirigeants ?