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    Question d'oral

    L’édit de Caracalla (212) : intégration citoyenne ou stratégie politique/fiscale ?

    Réponse d'oral

    L’édit de Caracalla de 212 est à la fois une mesure d’intégration citoyenne et une stratégie politique et fiscale : ces objectifs se renforcent plutôt qu’ils ne s’opposent. L’empereur accorde la citoyenneté romaine à presque tous les habitants libres de l’Empire. Les esclaves restent exclus, ainsi qu’une catégorie mal identifiée, les « déditices ». Jusqu’alors, cette citoyenneté était un privilège, obtenu notamment par la naissance, une décision impériale ou le service militaire dans les troupes auxiliaires. Désormais, un homme libre d’Égypte ou de Syrie peut être citoyen romain sans avoir jamais vu Rome.
    Cette décision renforce une appartenance commune à un empire immense. Elle étend l’accès au droit romain, sans effacer immédiatement les usages locaux ni les inégalités sociales. Être citoyen ne signifie d’ailleurs pas participer réellement au gouvernement : sous l’Empire, le pouvoir appartient avant tout à l’empereur. Caracalla peut donc présenter cette concession comme un bienfait universel et consolider sa légitimité, fragilisée notamment par le meurtre de son frère Geta, à la fin de 211.
    L’intérêt financier est également important. En élargissant la citoyenneté, Caracalla augmente le nombre de personnes concernées par certains impôts propres aux citoyens, notamment sur les successions et les affranchissements, avec des exemptions. Ces recettes contribuent à financer un pouvoir très dépendant de l’armée. Mais réduire l’édit à une simple manœuvre fiscale serait excessif : ses motivations exactes restent discutées. Cette mesure invite finalement à se demander si l’élargissement des droits sert d’abord les populations ou le pouvoir qui les accorde.