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    Question d'oral

    Peut-on parler d’une “Pax Romana” : paix pour qui, et à quel prix ?

    Réponse d'oral

    On peut parler d’une Pax Romana, mais cette paix romaine profite surtout aux populations intégrées à l’Empire et repose sur un prix élevé : la conquête, l’impôt et la contrainte militaire. L’expression désigne généralement la période allant d’Auguste, en 27 av. J.-C., à la mort de Marc Aurèle, en 180 apr. J.-C. Elle ne signifie pas l’absence de guerres. Elle correspond plutôt à une stabilité relative à l’intérieur de l’Empire, après les guerres civiles qui avaient déchiré la République.
    Pour les habitants de nombreuses provinces, cette stabilité apporte des avantages concrets. Les routes facilitent les déplacements, les échanges commerciaux se développent et les villes construisent aqueducs, thermes et marchés. Le droit romain offre un cadre pour régler les conflits, même si les protections dépendent du statut de chacun. Les élites locales bénéficient particulièrement de cet ordre : elles conservent souvent leur influence et peuvent accéder à la citoyenneté, voire aux fonctions impériales. Mais les esclaves restent privés de liberté, et les contribuables financent l’administration comme les légions.
    Cette paix est donc une paix imposée. Aux frontières, les combats continuent ; dans les provinces révoltées, la répression peut être terrible. En 70 apr. J.-C., l’armée de Titus prend Jérusalem et détruit son Temple. La stabilité connaît aussi des ruptures internes, comme la guerre civile de 69. Enfin, à Rome, le pouvoir personnel de l’empereur réduit la compétition politique républicaine. La Pax Romana invite ainsi à se demander si une paix durable peut être juste lorsqu’elle dépend d’une domination aussi inégale.