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    Question d'oral

    Quelle était sa position sur le devoir de mémoire ?

    Réponse d'oral

    Simone Veil défendait le devoir de mémoire comme une responsabilité : transmettre la vérité sur la Shoah, honorer les victimes et combattre l’antisémitisme. Pour cette rescapée d’Auschwitz-Birkenau, il ne suffisait pas de commémorer les morts. Il fallait aussi expliquer comment leur persécution avait été possible. Arrêtée à Nice à seize ans, puis déportée en avril 1944, elle avait perdu sa mère à Bergen-Belsen. Son père et son frère ne sont jamais revenus de déportation. Cette expérience donnait à son engagement une force particulière, sans faire d’elle la porte-parole de tous les survivants.
    Elle insistait surtout sur la transmission aux jeunes générations. Elle rencontrait des élèves et témoignait pour donner des visages, des noms et des parcours aux millions de victimes. De 2001 à 2007, elle a présidé la Fondation pour la mémoire de la Shoah, qui soutient notamment la recherche historique, l’enseignement et la conservation des témoignages. Dans son autobiographie Une vie, publiée en 2007, elle raconte aussi la déportation et la difficulté du retour, dans une société souvent peu disposée à écouter les survivants. La mémoire devait donc s’appuyer sur la connaissance précise des faits, et pas seulement sur l’émotion.
    Enfin, Simone Veil ne confondait pas fidélité aux victimes et haine des générations suivantes. Son engagement pour la réconciliation européenne, notamment franco-allemande, le montre : se souvenir devait aider à construire la paix. Son parcours pose ainsi une question toujours actuelle : comment transformer le souvenir des crimes en vigilance quotidienne contre leur retour ?