Retour à la fiche
Question d'oral
Les classes sociales ont-elles disparu (la moyennisation) ?
Réponse d'oral
Les classes sociales n’ont pas disparu : la moyennisation a rapproché les modes de vie, sans effacer les inégalités ni les différences entre milieux sociaux. Pendant les Trente Glorieuses, de 1945 à 1975, la hausse des salaires, la protection sociale et la consommation de masse ont élargi les classes moyennes. Davantage de familles ont accédé à une voiture, à un logement équipé et aux études longues. Le sociologue Henri Mendras décrit ainsi, dans La Seconde Révolution française, publié en 1988, une société moins organisée autour de deux blocs opposés. Mais posséder les mêmes objets ne signifie pas occuper la même position sociale.Les inégalités de patrimoine montrent bien les limites de ce rapprochement. Deux personnes ayant un salaire comparable ne disposent pas des mêmes possibilités si l’une hérite d’un appartement et l’autre doit payer un loyer. Les différences passent aussi par la socialisation. Grandir dans une famille familière des études supérieures aide souvent à comprendre les attentes scolaires et à choisir une orientation. Bourdieu appelle capital culturel ces ressources liées notamment aux connaissances et aux manières de parler. Elles contribuent à transmettre les avantages sociaux, sans déterminer automatiquement chaque parcours.Enfin, les classes peuvent rester présentes même lorsque le sentiment d’y appartenir s’affaiblit. Le recul des grands collectifs ouvriers et la diversification des emplois rendent leurs frontières moins visibles. La moyennisation décrit donc une transformation réelle, mais pas une disparition des classes. La question devient alors : comment reconnaître des inégalités collectives quand chacun est invité à penser sa réussite comme une affaire individuelle ?
