Retour à la fiche
    Question d'oral

    Le motif du déluge : qu’est-ce qui se ressemble et qu’est-ce qui diffère entre Gilgamesh, Noé et Deucalion ?

    Réponse d'oral

    Le motif du déluge dans les récits de Gilgamesh, de Noé et de Deucalion se ressemble par une catastrophe fondatrice, mais diffère par ses causes, ses survivants et la manière dont le monde renaît. Dans les trois cas, une inondation envoyée par les dieux, ou par Dieu, détruit une humanité presque entière. Quelques survivants préservés permettent un nouveau départ. L’eau possède donc un double sens : elle donne la mort, mais rend aussi possible la renaissance.
    Dans l’Épopée de Gilgamesh, le survivant est Uta-napishti, et non Gilgamesh. Averti par le dieu Ea, il construit un bateau et sauve sa famille ainsi que des êtres vivants. Les dieux apparaissent divisés, puis effrayés par leur propre déluge. Uta-napishti reçoit finalement l’immortalité, privilège qui restera inaccessible à Gilgamesh. Dans la Genèse, Noé est choisi pour sa justice au milieu d’une humanité violente. Il sauve sa famille et des animaux dans l’arche. Après le retrait des eaux, l’arc-en-ciel devient le signe d’une alliance : Dieu promet de ne plus détruire toute vie par un déluge. Les oiseaux envoyés pour chercher la terre constituent un rapprochement précis entre ces deux récits.
    Dans le mythe grec, Zeus punit également les hommes. Deucalion et Pyrrha survivent dans un coffre, puis repeuplent la terre en jetant derrière eux des pierres qui deviennent des humains. Ici, la renaissance passe par la terre elle-même. Ces ressemblances n’impliquent donc pas un message identique : faut-il surtout lire le déluge comme une punition, une limite au pouvoir divin ou l’espoir de recommencer ?