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    Question d'oral

    Le collège unique est-il un échec ?

    Réponse d'oral

    Le collège unique n’est pas un échec total : il a démocratisé l’enseignement, mais il n’a pas réussi à garantir la réussite de tous ni à réduire suffisamment les inégalités scolaires. Créé par la loi Haby de 1975, il rassemble les élèves dans un même cadre, de la sixième à la troisième, au lieu de les séparer très tôt entre différentes filières. Son ambition est forte : donner à chacun une culture commune, quelle que soit son origine sociale. Aujourd’hui, environ 3,4 millions d’élèves fréquentent le collège. Cette scolarisation commune constitue un acquis majeur, même si elle ne signifie pas que tous apprennent dans les mêmes conditions.
    La principale limite tient aux inégalités scolaires, déjà présentes à l’entrée en sixième. Dans une même classe, certains élèves lisent facilement un roman, tandis que d’autres peinent à comprendre une consigne. Enseigner à tous devient difficile lorsque les moyens d’accompagnement manquent. À cela s’ajoutent les écarts entre établissements : la ségrégation résidentielle et les stratégies de choix des familles concentrent parfois les difficultés dans certains collèges. Le collège est donc unique dans son principe, mais très différent selon les territoires.
    Faut-il pour autant le supprimer ? Une orientation plus précoce risquerait surtout de transformer les différences sociales en destins scolaires. L’enjeu serait plutôt de renforcer l’aide dès le primaire, de soutenir les équipes et d’adapter les apprentissages sans renoncer à des exigences communes. Finalement, la question est peut-être moins de savoir s’il faut un collège pour tous que de déterminer comment y faire réellement progresser chacun.