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Question d'oral
Rire: libération, cruauté, critique ? Comment distinguer ces effets ?
Réponse d'oral
Au théâtre, le rire peut être une libération, une cruauté ou une critique : pour distinguer ces effets, il faut regarder ce qui fait rire, qui en est la cible et ce que ce rire produit. La libération vient d’abord du relâchement des tensions. Un quiproquo, une chute ou un valet qui tient tête à son maître permettent de respirer et de renverser momentanément les rapports de pouvoir. Le public partage alors une liberté qui lui manque parfois dans la vie quotidienne.Mais rire peut aussi blesser. Le rire devient cruel lorsqu’il réduit un personnage à une faiblesse et invite les spectateurs à savourer son humiliation. Dans Le Malade imaginaire de Molière, créé en 1673, les peurs d’Argan font rire. Pourtant, selon le jeu de l’acteur, on peut aussi percevoir sa solitude et son angoisse. La mise en scène change donc notre regard : rit-on avec quelqu’un, contre lui, ou de sa souffrance ? La frontière n’est jamais entièrement fixée par les répliques.Enfin, le rire devient critique lorsqu’il révèle un abus ou une contradiction. Dans Tartuffe, autorisé dans sa version définitive en 1669, Molière vise l’hypocrisie religieuse et l’aveuglement d’Orgon, non la foi elle-même. Le spectateur comprend ce qu’Orgon refuse de voir : ce décalage nourrit le comique et le jugement. Ces effets peuvent donc se mêler dans une même scène. Reste à se demander si notre rire nous rend plus lucides ou simplement plus satisfaits de nous-mêmes.
Autres questions
1.Qu’est-ce que la double énonciation au théâtre ? Donne un exemple concret.2.Pourquoi Tartuffe est-il un texte si politique alors qu’il se passe dans une maison ?3.La tragédie parle-t-elle surtout du destin, ou du pouvoir (loi, cité, famille) ?4.Pourquoi la « bataille d’Hernani » (1830) est-elle un repère culturel, pas seulement théâtral ?5.Qu’est-ce que l’« absurde » au théâtre: un thème (le non-sens) ou une forme (langage, scène) ?
