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Question d'oral
Peut-on aujourd’hui rejouer les classiques « à l’identique » ou faut-il les réinterpréter (genre, société, mémoire) ?
Réponse d'oral
Aujourd’hui, on peut rejouer les classiques en respectant leurs mots, mais jamais vraiment « à l’identique » : le théâtre oblige à les réinterpréter, parce que la société, les acteurs et les spectateurs changent. Même avec des costumes anciens, une mise en scène choisit des gestes, des silences et une manière de faire entendre les répliques. La représentation n’est donc pas une simple reproduction. Dans Le Cid de Corneille, créé en 1637, Rodrigue doit venger son père en tuant celui de Chimène, qu’il aime. Nous comprenons encore ce conflit entre amour et devoir, mais l’honneur familial ne commande plus nos vies de la même façon.Réinterpréter permet justement de rendre ces œuvres sensibles au présent. Dans Tartuffe, joué une première fois en 1664 puis autorisé dans sa version définitive en 1669, Molière attaque l’hypocrisie religieuse. Une mise en scène actuelle peut souligner les mécanismes de l’emprise, sans effacer cette dimension historique. De même, Phèdre, créée par Racine en 1677, peut faire entendre autrement la parole et le désir d’une femme enfermée dans des interdits. Mais actualiser ne signifie pas transformer chaque personnage en porte-parole de nos convictions.La fidélité aux classiques consiste peut-être moins à conserver leur apparence qu’à préserver leurs conflits et leurs ambiguïtés. Il faut aussi laisser une place à leur étrangeté : ils portent la mémoire de sociétés différentes de la nôtre. Une réinterprétation convaincante éclaire l’œuvre sans prétendre épuiser son sens. Et si un classique restait vivant précisément parce qu’aucune époque ne peut en avoir le dernier mot ?
Autres questions
1.Qu’est-ce que la double énonciation au théâtre ? Donne un exemple concret.2.Pourquoi Tartuffe est-il un texte si politique alors qu’il se passe dans une maison ?3.La tragédie parle-t-elle surtout du destin, ou du pouvoir (loi, cité, famille) ?4.Pourquoi la « bataille d’Hernani » (1830) est-elle un repère culturel, pas seulement théâtral ?5.Qu’est-ce que l’« absurde » au théâtre: un thème (le non-sens) ou une forme (langage, scène) ?
