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Question d'oral
Pourquoi l'affaire Dreyfus est-elle une crise nationale ?
Réponse d'oral
L’affaire Dreyfus est une crise nationale parce qu’elle divise profondément la France et met à l’épreuve les principes de la IIIe République : la justice, l’égalité et les droits de l’individu. En 1894, Alfred Dreyfus, capitaine français juif, est condamné à tort pour espionnage au profit de l’Allemagne. Il est dégradé puis déporté sur l’île du Diable, en Guyane. L’accusation repose sur des éléments fragiles et un dossier secret transmis aux juges sans que la défense puisse le consulter. Dans un pays marqué par la défaite de 1870, l’armée représente l’honneur national. Reconnaître une erreur judiciaire semble donc, pour certains, affaiblir la nation.L’affaire dépasse alors le tribunal et partage la société en deux camps. Les dreyfusards, comme Émile Zola et Jean Jaurès, défendent la vérité et la justice, même contre l’institution militaire. Les antidreyfusards privilégient l’autorité de l’armée et la raison d’État ; beaucoup alimentent un antisémitisme violent. Le 13 janvier 1898, Zola publie « J’accuse… ! » dans le journal L’Aurore. La presse, les pétitions, les manifestations et les débats parlementaires font entrer l’affaire dans toute la vie publique.Cette crise révèle donc une opposition entre deux conceptions de la nation : l’une fondée sur les droits de tous les citoyens, l’autre sur l’exclusion et l’obéissance aux institutions. Dreyfus est finalement réhabilité en 1906. La République sort renforcée dans ses principes, mais les divisions restent durables. Jusqu’où une démocratie doit-elle remettre en cause ses institutions pour rester fidèle à ses valeurs ?
