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    Question d'oral

    Pourquoi le discours de Chirac de 1995 est-il une rupture ?

    Réponse d'oral

    Le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 est une rupture parce qu’il reconnaît officiellement la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs sous l’Occupation. Prononcé lors de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’, il rappelle que, les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs, dont de nombreux enfants, ont été arrêtés à Paris et en banlieue par la police française. Chirac affirme ainsi : « La France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. » Il ne présente donc plus ces crimes comme ceux des seuls nazis ou d’un régime sans lien avec la France.
    Jusqu’alors, la position officielle reposait sur une distinction : Vichy avait trahi la France, tandis que la République avait continué d’exister à travers de Gaulle et la Résistance. François Mitterrand refusait donc que la République assume les crimes de Vichy. Chirac change cette manière de parler du passé : sans rendre tous les Français coupables, il reconnaît que l’administration et la police françaises ont participé à la persécution. Cette reconnaissance prolonge les travaux des historiens, notamment Robert Paxton, et les combats de Serge et Beate Klarsfeld.
    Cette rupture est donc surtout politique et mémorielle : elle ne révèle pas des faits inconnus, mais leur donne une reconnaissance au sommet de l’État. Chirac rappelle aussi l’existence d’une France résistante et solidaire, qui a protégé des Juifs. La mémoire nationale peut désormais honorer les résistants sans effacer les responsabilités françaises. Comment transmettre ensemble la fierté des engagements courageux et la lucidité sur les crimes commis ?