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    Question d'oral

    Rawls (1971) : qu’apporte l’idée de “justice comme équité” à un débat sur les inégalités ?

    Réponse d'oral

    La justice comme équité de Rawls apporte au débat sur les inégalités une idée décisive : elles ne sont justes que si les règles qui les produisent sont équitables et si elles améliorent la situation des plus défavorisés. Dans Théorie de la justice, publié en 1971, Rawls refuse de sacrifier une minorité au bonheur du plus grand nombre. Une société plus riche n’est donc pas nécessairement plus juste. Il faut aussi regarder qui bénéficie de cette richesse et quelles possibilités chacun possède réellement.
    Pour choisir des règles impartiales, Rawls propose une expérience de pensée : le voile d’ignorance. Imaginons que nous devions organiser la société sans savoir si nous y naîtrons riches ou pauvres, malades ou bien portants. Nous aurions de bonnes raisons de protéger les libertés fondamentales de tous et de garantir une égalité équitable des chances. Par exemple, ouvrir officiellement les mêmes concours à tous ne suffit pas si certains enfants disposent d’excellentes écoles et d’autres non.
    Rawls ne réclame donc pas des revenus identiques. Son principe de différence autorise certaines inégalités si elles procurent le plus grand avantage aux moins favorisés, sans compromettre les libertés ni l’égalité des chances. Mieux payer des médecins pourrait ainsi se justifier si cela améliore effectivement l’accès aux soins des plus pauvres, et pas seulement le confort des plus riches. La question n’est plus simplement « combien les uns gagnent-ils ? », mais « que changent ces écarts pour ceux qui ont le moins ? ». Reste alors à déterminer quelles inégalités servent réellement les plus fragiles plutôt que de prétendre les servir.