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Question d'oral
Le bâtiment le plus écologique est-il celui que l'on ne construit pas ?
Réponse d'oral
Le bâtiment le plus écologique est souvent celui que l’on ne construit pas, à condition de répondre autrement aux besoins de logement et d’activité. À l’ère de l’Anthropocène, construire n’est jamais neutre : cela consomme des ressources, émet du carbone et peut détruire des sols vivants. Même un immeuble très bien isolé porte une dette écologique dès sa livraison. Son énergie grise correspond à l’énergie nécessaire pour extraire, fabriquer, transporter et mettre en œuvre ses matériaux, puis gérer leur fin de vie. Elle ne se confond pas exactement avec les émissions de carbone associées. Le chauffage économe ne suffit donc pas à rendre une construction écologique.La première solution consiste à mieux utiliser ce qui existe : transformer des bureaux vides en logements, rénover les bâtiments anciens ou partager certains espaces. Au Grand Parc, à Bordeaux, Lacaton, Vassal, Druot et Hutin ont ainsi transformé 530 logements, dans une opération achevée en 2017, plutôt que de les démolir. L’ajout de jardins d’hiver et de balcons a amélioré le confort tout en conservant les structures. Le réemploi prolonge cette logique : une porte récupérée reste une porte, sans devoir être broyée puis refabriquée.Cependant, ne plus rien construire serait une réponse trop simple face au mal-logement ou au manque d’équipements. Il faut d’abord interroger la nécessité du projet, puis son emplacement, ses dimensions et ses matériaux. La RE2020, appliquée depuis 2022, encourage cette attention au carbone sur l’ensemble du cycle de vie. L’enjeu devient alors de construire moins, mais surtout de répondre mieux aux besoins : le progrès architectural pourrait-il se mesurer davantage à ce que l’on préserve qu’à ce que l’on ajoute ?
