Retour à la fiche
Question d'oral
Faut-il densifier les villes ou les végétaliser ?
Réponse d'oral
Il faut à la fois densifier les villes et les végétaliser, mais sans construire sur chaque espace libre : la transition écologique exige de loger davantage d’habitants tout en préservant les sols et la fraîcheur. À l’ère de l’Anthropocène, étendre les banlieues sur les champs n’est plus une solution durable. Cela détruit des terres agricoles et augmente souvent les déplacements en voiture. Une densité bien pensée permet, au contraire, de rapprocher logements, commerces et transports publics. Elle ne signifie pas forcément bâtir des tours : transformer des bureaux vides ou surélever certains immeubles peut aussi y contribuer.Mais une ville compacte devient difficile à vivre si elle manque d’arbres, d’ombre et de sols perméables. La végétalisation n’est donc pas une décoration. Elle aide à limiter la chaleur et à absorber les eaux de pluie. Encore faut-il planter en pleine terre, choisir des espèces adaptées et prévoir leur entretien. Un toit végétalisé ne remplace pas un jardin accessible. Surtout, construire un bâtiment neuf, même performant, consomme des matériaux et émet du carbone : conserver l’existant doit être une priorité.La transformation des 530 logements du Grand Parc à Bordeaux, livrée en 2017 par Lacaton, Vassal, Druot et Hutin, illustre cette réhabilitation : les immeubles ont été conservés et agrandis avec des jardins d’hiver et des balcons, sans démolir les logements. L’enjeu est donc de densifier les espaces déjà construits lorsque c’est pertinent, tout en protégeant les espaces ouverts. La vraie question devient alors : comment accueillir plus d’habitants sans leur offrir moins de nature et de confort ?
