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Question d'oral
Le ZAN est-il compatible avec la crise du logement ?
Réponse d'oral
Le ZAN est compatible avec la crise du logement, à condition de construire autrement et de mieux utiliser les bâtiments existants. Le zéro artificialisation nette vise à préserver les sols, indispensables pour absorber l’eau, stocker du carbone et maintenir la biodiversité. Il ne signifie donc pas « zéro construction ». La loi Climat et résilience de 2021 prévoit d’abord de réduire de moitié la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers sur la période 2021-2031, par rapport à la décennie précédente, puis d’atteindre le ZAN en 2050. L’enjeu est de loger sans étendre indéfiniment les villes.La priorité devient alors la transformation de l’existant : rénover des logements vacants, convertir certains bureaux, surélever des immeubles ou construire sur des friches. Au Grand Parc, à Bordeaux, les architectes Lacaton, Vassal, Druot et Hutin ont ainsi transformé 530 logements, avec notamment des jardins d’hiver et des balcons, plutôt que de démolir. Cette opération améliore l’habitat sans conquérir de nouveaux sols. Elle montre aussi que la transition écologique concerne la qualité du logement, pas seulement le nombre de logements construits.Mais cette compatibilité n’est pas automatique. Dépolluer une friche coûte cher ; les logements vacants ne sont pas toujours situés là où la demande est forte. Sans financement public ni politique foncière, la rareté des terrains peut renchérir les prix. Il faut donc accompagner le ZAN par du logement abordable, des transports et une densification agréable, avec des espaces verts. La vraie question devient alors : comment accueillir davantage d’habitants sans rendre la ville moins vivable ?
