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    Question d'oral

    La décroissance est-elle compatible avec la démocratie ?

    Réponse d'oral

    La décroissance est compatible avec la démocratie, à condition que la réduction de la production et de la consommation soit choisie collectivement, équitable et respectueuse des libertés. Elle ne désigne pas une récession subie, avec chômage et pauvreté, mais une transformation organisée de l’économie des pays riches. L’objectif est de réduire les activités les plus polluantes tout en protégeant les besoins essentiels : se nourrir, se loger, se soigner. Serge Latouche, dans Le Pari de la décroissance, publié en 2006, défend ainsi une société moins dépendante de l’augmentation permanente du PIB.
    La difficulté est pourtant réelle. Nos emplois, nos retraites et nos recettes publiques dépendent largement de la croissance. Réduire certaines productions suppose donc de financer les reconversions et de répartir les efforts. Sans justice sociale, la sobriété risque d’être vécue comme une punition. La mobilisation des Gilets jaunes, en 2018, l’a montré : une taxe sur les carburants peut susciter un rejet lorsqu’elle pénalise ceux qui dépendent de leur voiture. Cet épisode ne concernait pas un programme de décroissance, mais il éclaire les conditions d’une transition acceptée.
    Une décroissance démocratique suppose donc un débat public sur ce qui doit diminuer et ce qui doit se développer, comme les transports collectifs ou les soins. La Convention citoyenne pour le climat, réunissant 150 citoyens à partir de 2019, illustre une manière d’associer la population aux choix écologiques, sans garantir leur application. Les décisions doivent rester discutables et révisables : l’urgence écologique ne justifie pas l’autoritarisme. La question devient alors : comment décider ensemble de ce qui mérite vraiment de croître ?