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Question d'oral
Quel bilan tirer des deux septennats de Mitterrand ?
Réponse d'oral
Les deux septennats de Mitterrand, de 1981 à 1995, ont durablement modernisé la société française et renforcé la construction européenne, mais leur bilan reste marqué par le chômage et les désillusions. Premier président socialiste de la Ve République, élu le 10 mai 1981, François Mitterrand montre que l’alternance est possible sans changer de régime. Ses premières réformes marquent une rupture : abolition de la peine de mort, portée par Robert Badinter en 1981, cinquième semaine de congés payés, retraite à 60 ans et décentralisation en 1982. Les nationalisations renforcent aussi le rôle économique de l’État.Cependant, la relance se heurte à l’inflation, aux déficits et aux contraintes monétaires européennes. Le tournant de la rigueur, en 1983, donne la priorité à la maîtrise des dépenses et au maintien du franc dans le système monétaire européen. Ce choix déçoit une partie de la gauche. Le chômage de masse s’installe, malgré des mesures sociales comme la création du RMI en 1988. Sur le plan européen, Mitterrand travaille avec le chancelier allemand Helmut Kohl et soutient le traité de Maastricht, approuvé de justesse par référendum en 1992.Enfin, les deux cohabitations, avec Jacques Chirac de 1986 à 1988 puis Édouard Balladur de 1993 à 1995, prouvent la souplesse des institutions. Mais Mitterrand conserve une pratique très personnelle du pouvoir, tandis que les affaires, les écoutes de l’Élysée et les révélations sur son passé ternissent sa présidence. Son héritage invite donc à se demander comment concilier ambition de transformation sociale, contraintes économiques et exigence démocratique.
