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    Question d'oral

    Plateformes : à quelles conditions un “indépendant” peut-il être requalifié en salarié (contrôle, sanctions, dépendance) ?

    Réponse d'oral

    Un « indépendant » travaillant pour une plateforme peut être requalifié en salarié lorsqu’un lien de subordination est établi : la plateforme lui donne des directives, contrôle son activité et peut sanctionner ses manquements. Le nom du contrat ne suffit donc pas. Ce sont les conditions réelles de travail qui comptent. Cette définition, fixée par l’arrêt Société Générale du 13 novembre 1996, permet de distinguer le véritable entrepreneur du salarié présenté comme indépendant. Le premier organise librement son activité ; le second travaille, en pratique, sous une autorité.
    Pour les plateformes, le juge examine un faisceau d’indices. Les tarifs sont-ils imposés ? Les trajets sont-ils surveillés par géolocalisation ? Le refus de missions entraîne-t-il une déconnexion ou une perte d’accès au service ? Une mauvaise note peut-elle provoquer une exclusion ? Ces éléments peuvent révéler un pouvoir de direction, de contrôle et de sanction, même exercé par un algorithme. Le 4 mars 2020, la Cour de cassation a ainsi reconnu un lien de subordination entre Uber et un chauffeur, notamment au regard du contrôle de son activité et des possibilités de déconnexion. La liberté de choisir ses horaires n’exclut donc pas automatiquement le salariat.
    La dépendance économique, en revanche, ne suffit pas à elle seule : réaliser tout son chiffre d’affaires avec une plateforme ne prouve pas nécessairement la subordination. Si la requalification est prononcée, le travailleur peut bénéficier des protections du droit du travail, notamment des congés payés et des règles du licenciement. Le défi est alors de protéger les travailleurs sans confondre autonomie réelle et liberté seulement affichée.